Test Fiido D1 : le vélo électrique pliant à tout petit prix

Alex
Rédigé le 1 mai 2018
822 vues 2 Commentaires

Que vaut le vélo pliant électrique Fiido D1, vendu depuis la Chine aux alentours de 450 euros ? En dépit de son prix plancher, ce drôle de vélo recèle quelques très bonnes idées, à commencer par un mode « scooter » qui ravira les plus flemmards. Il propose un niveau d’équipement largement équivalent à celui de vélos vendus deux fois plus chers en Europe, mais présente aussi quelques lacunes parfois surprenantes. Comme vous le verrez au cours de notre test, il constitue une alternative intéressante à l’excellent QiCycle EF1, devenu difficile à trouver, pour peu que l’on accepte les quelques compromis réalisés par la marque. Sur ces quelques mots, bienvenue dans notre review du Fiido D1 Folding Electric Bike.

Bon plan 10 novembre :

– le D1 en version noire avec batterie 10,4 Ah est en vente Flash à 343 euros sur Gearbest !

Au fait, qui est Fiido ? Comme bien d’autres constructeurs installés à Shenzhen, cette toute jeune société chinoise essaie de percer dans l’univers de la mobilité électrique. Pour ce faire, elle a choisi le créneau des vélos électriques, avec un catalogue pour l’instant limité à trois références, dont le D1 qui nous occupe aujourd’hui. Au départ, Fiido vise principalement son marché domestique, la Chine, où les perspectives de croissance sont très élevées, mais ses produits sont accessibles aux consommateurs occidentaux par l’intermédiaire de plateformes comme Gearbest.

Fiido D1 : les présentations

Le Fiido D1 arrive plié et quasiment prêt à l’emploi dans un imposant carton aux couleurs de la marque. Comme toujours avec les vélos pliants, électriques ou non, les proportions sont un peu particulières, du fait de petites roues de 14 pouces (36 cm de diamètre). Ici, le caractère insolite du gabarit est renforcé par la large partie centrale du cadre qui abrite la batterie (7800 mAh), le contrôleur électronique qui pilote le moteur installé sur le moyeu de la roue arrière et le système de pliage principal du vélo. Sur chaque roue, on remarque vite la présence bienvenue de freins à disque ainsi qu’un petit garde-boue. A l’avant, il est surmonté d’un phare piloté depuis le guidon, mais l’arrière doit se contenter d’un simple réflecteur rouge.

Guidon Fiido D1

Du cadre partent la tige de selle et la potence du guidon, toutes deux réglables en hauteur grâce à de simples leviers de serrage rapide. Bonne nouvelle : on peut donc ajuster à sa guise la position de conduite, sans avoir à composer avec des réglages préétablis. Les tiges n’autorisent toutefois qu’un jeu limité, ce qui signifie que le Fiido D1 semblera un peu étriqué aux pilotes de plus de 185 cm. Ce défaut courant sur les engins pliants tient à la structure même du vélo : pour conserver une certaine compacité, les éléments extensibles doivent malheureusement rester raisonnables en taille.

Du côté du guidon, le réglage permet ainsi de varier entre 95 et 110 cm de haut, alors que la hauteur de selle peut être fixée entre 75 et 105 cm. Des repères visuels inscrits sur les tiges indiquent les dimensions à ne pas dépasser.

Le guidon est richement doté ! Du côté gauche, on trouve un large interrupteur on / off qui sert à allumer le phare, un bouton rouge pour le klaxon (au son particulièrement désagréable, mais plutôt efficace) et un sélecteur à trois positions qui va permettre de basculer entre les différents modes de conduite proposés.

Fiido D1 poignée gauche

Au centre, un support avec serrage par vis permet de fixer son smartphone et même de l’alimenter grâce à un port USB ! A droite, la poignée cache une partie tournante dédiée à l’accélération, comme sur un scooter. On trouve aussi un petit compteur LCD qui n’affiche que le niveau de batterie restant. Enfin, détail insolite pour un vélo : le D1 arrive livré avec deux clés de contact. Il faudra donc « démarrer » son vélo pour profiter de l’assistance électrique. Chacun jugera de l’utilité de ce raffinement !

Fiido D1 port USB guidon

Pour recharger la batterie, il faudra se pencher et chercher le connecteur dissimulé sous le cadre du vélo. Le port est protégé des éclaboussures par un petit capuchon de plastique, mais mieux vaut ne pas trop compter sur ce dernier, qui devrait vite s’arracher ou tomber. Contrairement au QiCycle EF1, la batterie n’est pas amovible : il faut donc amener le vélo à proximité d’une prise secteur pour l’alimenter.

En revanche, pas de problème de stationnement : le D1 dispose d’une petite béquille située au niveau de la roue arrière. Munie d’un épais patin de plastique, elle est manipulable au pied sans difficulté et assure un maintien stable.

Fiido D1 vue arrière

Caractéristiques techniques du vélo D1

Voici les principales caractéristiques et dimensions du vélo de Fiido.

  • Poids : 18,5 Kg
  • Dimensions plié : 75 x 35 x 65 cm
  • Dimensions déplié : 130 x 40 x 111 cm
  • Moteur : 250W
  • Batterie 7800 mAh en 36V
  • Pignon : 12 dents
  • Pneus : 14 x 2,125 pouces
  • Freins à disque avant et arrière
  • Vitesse max : 25 Km/h.

Taille pneu Fiido D1

Test Fiido D1 : à l’usage

Avant de se mettre en route, un mot du système de pliage. L’opération se réalise en plusieurs temps, via différents leviers de serrage rapide. Il n’y a donc évidemment pas besoin d’outils. D’abord, il faut redescendre le guidon, puis le rabattre grâce à la charnière décalée qui va le positionner aux côtés de la roue avant. Ensuite, on descend la selle et l’on débloque le cache plastique qui maintient l’épaisse poignée de la charnière centrale. Ensuite, on soulève le vélo pour ramener l’arrière vers l’avant et l’on obtient un vélo plié. Une fois rodé, c’est l’affaire d’une trentaine de secondes, sans difficulté particulière. Pour gagner quelques centimètres en épaisseur, on peut aussi replier les pédales. Au moment de repartir, il suffit de réaliser les mêmes opérations dans l’ordre inverse.

Fiido D1 vélo électrique guidon plié

Au quotidien, on en vient tout de même à regretter la profusion de câbles apparents au niveau du guidon, qui gênent parfois les manipulations et risquent de se prendre dans des obstacles quand on porte le vélo plié, au sortir d’un coffre de voiture par exemple. Il faut aussi composer avec le poids relativement important du vélo : à 18,5 Kg sur la balance, mieux vaut ne pas avoir à le porter trop longtemps.

Fiido D1 plié

Après avoir déplié le vélo et réglé la hauteur des deux tiges principales, on s’installe sur la selle, plutôt confortable, pour les premiers tours de roue. En tournant la clé, on allume le petit écran qui affiche la jauge de batterie restante et l’on peut choisir son mode de conduite.

Fiido D1 connecteur batterie moteur vélo plié

Un mode « scooter » confortable

En France, les cycles de ce type sont appelés VAE pour vélos à assistance électrique, ce qui signifie que le moteur n’est censé entrer en action que pour compléter l’action du cycliste. Le D1 de Fiido commet une incartade à ce principe puisqu’il dispose d’un mode dans lequel il n’est pas nécessaire de pédaler pour activer le moteur. La commande se fait à l’aide de la poignée droite, comme avec une mobylette ou un scooter : en la tournant, on sollicite donc directement le moteur 250 W intégré à la roue arrière.

Garde boue vélo électrique Fiido D1

Mieux vaut tout de même prendre l’habitude d’élancer le vélo en donnant quelques coups de pédale : sans aide mécanique, l’accélération est un peu anémique, le moteur peine à élancer l’engin. Une fois qu’on a réussi à s’arracher à la pesanteur, l’impression de couple augmente quelque peu et l’on arrive assez vite à la vitesse de pointe du vélo, fixée aux alentours de 25 Km/h. On se retrouve alors bien lancé et en mesure de doubler les autres cyclistes sans moteur, généralement étonnés de voir passer devant eux un vélo à petite roue dont le pilote ne pédale pas !

En relâchant la poignée d’accélérateur, on profite d’une vraie roue libre, sans frein moteur perceptible. Pour ralentir ou s’arrêter, les deux freins à disque remplissent bien leur office. Notez tout de même qu’il est préférable de vérifier leur réglage avant de prendre la route. Faites également attention à la configuration des poignées : le frein arrière est sur la main gauche, comme sur un scooter, et non à droite comme sur la plupart des vélos.

Le problème de ce mode scooter, c’est finalement qu’on y prend vite goût : après tout, pourquoi se fatiguer à pédaler quand le vélo peut vous emmener à bon port sans effort ? Hormis les pentes prononcées pour lesquelles le moteur rend les armes, on peut en effet s’abstenir totalement de pédaler si on n’est pas pressé sur les démarrages.

Dans cette variante, nous avons franchi sans difficulté la barre des 20 Km parcourus avec environ un quart de la capacité batterie restante au terme de nos trajets : c’est plutôt bien !

Une assistance un peu trop légère

Pour profiter du moteur encore plus longtemps et faire travailler un peu nos jambes, passage en mode assistance. Le premier contact est un peu déconcertant : l’action du moteur est en effet très discrète. Pour s’en convaincre, on oscille entre le mode passif et l’assistance, il y a bien quelque chose mais c’est léger. En dépit du moteur électrique, il y a donc bien un effort à fournir, nettement plus important qu’avec la plupart des VAE dont nous avons l’habitude à commencer par celui de QiCycle.

Selle Fiido D1

Pour résumer, disons que le moteur compense les contraintes liées à la petite taille des roues et au poids du vélo : avec l’assistance, on les oublie et l’on se retrouve à pédaler comme on le ferait sur un vélo standard, avec une vitesse de croisière s’établissant naturellement aux alentours de 20 Km/h. Sans l’assistance, on retrouve ces facteurs pénalisants, et l’utilisation n’est d’ailleurs pas très agréable.

Le fabricant précise qu’en mode scooter, on dispose de 100% de la puissance disponible, alors que le moteur ne délivre plus que 50% en mode VAE.

La contrepartie positive de cette assistance modeste, c’est que la batterie est épargnée : elle offre de quoi parcourir facilement 40 Km sur terrain globalement plat, avec à l’arrivée une batterie affichant encore de quoi repartir pour une balade. On regrette en revanche que le vélo ne propose aucun système de changement de vitesse : comme l’assistance est limitée, on aurait aimé pouvoir moduler l’effort grâce à un dérailleur et des pignons de taille différente, notamment pour les côtes.

Réflecteur arrière Fiido D1

Notre avis sur le Fiido D1

Que retenir de ces quelques jours de test du Fiido D1 ? Bien qu’on ne l’ait pas épargné, le vélo n’a pas bougé : on apprécie la robustesse globale de l’engin et l’impression de solidité qui se dégage de son cadre en aluminium. En dépit de son petit prix, les finitions sont très correctes sur la partie cycle et les éléments mécaniques. Du côté du guidon, les différents boutons et interrupteurs sont un peu moins flatteurs, mais on trouve ses marques facilement. L’écran LCD n’apporte pas grand-chose et l’on regrette que les câbles ne soient pas mieux intégrés, mais ça n’est pas bloquant.

Fiido D1 quais Bordeaux

En déplacement, le mode scooter remporte sans difficulté la palme pour les raisons évoquées plus haut. 250W est une puissance plutôt faible pour un véhicule qui pèse déjà 18,5 Kg et doit animer une roue de 14 pouces de diamètre. Le vélo doit pouvoir emmener un pilote de 120 Kg, comme l’annonce sa fiche technique, mais le couple sera encore moins sensible, ce qui ramène donc à l’utilisation des jambes comme complément du moteur.

C’est certainement ce paradoxe qui résume le mieux notre sentiment sur le Fiido D1 : il se montre très agréable quand les jambes assistent le moteur en mode scooter, mais il l’est moins quand c’est le moteur qui doit soutenir les jambes ! Autrement dit, il y a des chances que vous abandonniez vite le mode « moped » (cyclomoteur) au profit de la poignée d’accélération !

On apprécie également l’autonomie, significative même avec le moteur à 100%. Le D1 aurait en revanche gagné à adopter un dérailleur, même sommaire (trois vitesses par exemple), et une éventuelle V2 mériterait une liaison Bluetooth et une application mobile compagnon, afin de monitorer de plus près les performances moteur et la charge batterie disponible.

On aime particulièrement :

+ le mode scooter
+ l’autonomie
+ les freins à disque efficaces
+ la béquille et les garde-boues

On aime moins :

– la batterie non amovible
– l’assistance limitée à 50% de la puissance moteur
– l’absence de dérailleur

En définitive, le rapport qualité prix reste excellent pour un vélo dont le prix gravite généralement entre 400 et 450 euros. Gardez cependant bien en tête que contrairement à un vélo acheté dans une enseigne nationale, l’acquisition d’un tel engin depuis la Chine implique une absence quasi-totale de SAV.

Acheter le Fiido D1 au meilleur prix sur Gearbest.

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2 Commentaires

  1. Je l’ai commandé sur le site. Depuis deux mois j’attends et ils sont incapables de m’en envoyer un nouveau…. vraiment déçue. Je suis preneuse si vous avez un autre modèle de ce genre et prix.
    Merci

    Répondre

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