Free floating : la difficile équation de la rentabilité

Alex
Rédigé le 18 mai 2019
179 vues 1 Commentaires

Les nombreuses sociétés qui déploient des flottes de trottinettes électriques en libre service ont-elles une chance de gagner de l’argent un jour ? Une étude du Boston Consulting Group (BCG) publiée cette semaine révèle qu’il faut environ quatre mois pour qu’un opérateur de flotte commence à gagner de l’argent avec une trottinette aux Etats-Unis. Problème : leur durée de vie se révèle bien souvent inférieur à ce délai…

Pour les analystes du BCG, le potentiel commercial de la trottinette électrique en libre service ne fait aucun doute : la demande existe, et les usages sont déjà conséquents dans les grandes agglomérations. C’est en Europe que le potentiel le plus important est identifié. La topographie des villes s’y prête particulièrement bien à des déplacements de quelques kilomètres. Ça n’est pas un hasard si Paris compte déjà près d’une douzaine d’opérateurs différents ! Le BCG estime ainsi que les trottinettes électriques sont principalement utilisées sur des trajets allant de 0,5 à 4 Km.

Aux Etats-Unis, le prix moyen d’une course s’établirait ainsi aux alentours de 3,5 dollars, soit 1 dollar de frais fixe pour déclencher la location, et environ 2,5 dollars correspondant à une durée d’usage moyenne de l’ordre de 17 minutes. Chaque trottinette réaliserait une moyenne de 5 trajets par jour, soit un chiffre d’affaires quotidien de l’ordre de 17,5 dollars.

rentabilité trottinette libre service selon BCG

Quid de la rentabilité ? Pour le BCG, l’opérateur parviendrait à dégager environ 0,65 dollar de marge par course. C’est donc la somme qui lui resterait en poche après avoir payé les taxes et les différents frais de fonctionnement de son service, à commencer bien sûr par la (maigre) rémunération des juicers à qui incombe la recharge des engins. Mais avec cette somme, il faut encore amortir le prix d’achat de la trottinette.

En comptant un prix public de 375 dollars, le BCG estime qu’il faut 115 jours, soit 3,8 mois, pour couvrir le prix d’achat de l’engin, délai pendant lequel la société ne gagne pas d’argent en propre… alors que la durée de vie des trottinettes électriques actuelles est estimée à trois mois. En l’état actuel des choses, les flottes seraient donc opérées à perte.

De nouvelles trottinettes durcies

Les sociétés comme Bird, Lime et consorts profitent de l’engouement actuel des marchés pour les plateformes de service, mais elles doivent tout de même rendre quelques comptes aux investisseurs qui les ont financées à grands renforts de millions. Elles ont donc bien évidemment conscience du déséquilibre de l’équation. Pour elles,tout l’enjeu consiste maintenant à augmenter la durée de vie des trottinettes pour que chaque engin puisse contribuer à générer de la marge au delà de la période d’amortissement du prix d’achat.

C’est principalement pour cette raison que Bird et Lime cessent progressivement d’utiliser des modèles grands publics (Xiaomi M365, Ninebot ES2) pour se tourner vers des modèles conçus en interne selon un cahier des charges nettement plus contraignants. Leurs nouvelles trottinettes comme la Gen 3 de Lime doivent pouvoir résister aux intempéries, avec une fiabilité et une autonomie nettement améliorées pour limiter le nombre d’opérations de maintenance. Surtout, elles doivent pouvoir encaisser les mauvais traitements que leur font subir des usagers peu scrupuleux. Les constructeurs ne s’y trompent pas : le Model Max de Segway-Ninebot ambitionne précisément de répondre à cet enjeu.

Pour attirer des capitaux, ces sociétés avaient besoin de déployer très vite des flottes extrêmement volumineuses, afin d’attirer très vite une masse critique d’utilisateurs et faire la preuve de leur adéquation avec les besoins du marché. Elles ont donc lancé leur service avec des trottinettes électriques dont les caractéristiques compromettent leur modèle économique. La plupart des nouveaux entrants sur le marché du free floating font de même… mais au bout du compte, seuls ceux qui auront réussi à équilibrer l’équation de la rentabilité resteront en lice !

 

 

A lire !

M365 Pro (Mi Electric Scooter Pro) : le test complet
Tests
44 vues1
Tests
44 vues1

M365 Pro (Mi Electric Scooter Pro) : le test complet

Alex - 14 juillet 2019

La Mi Electric Scooter Pro, autrement surnommée M365 Pro, est la dernière trottinette électrique de Xiaomi. Annoncée mi-février et disponible…

Bon plan : M365 Pro en stock à 483 euros
Trottinette électrique
52 vues
Trottinette électrique
52 vues

Bon plan : M365 Pro en stock à 483 euros

Alex - 12 juillet 2019

Annoncée pour la fin du mois de mai, la disponibilité de la M365 Pro en France a finalement pris du…

EDPM : les usagers s’organisent en associations
Réglementation
103 vues3
Réglementation
103 vues3

EDPM : les usagers s’organisent en associations

Alex - 29 juin 2019

Deux associations d'utilisateurs d'engins de déplacements personnels motorisés (EDPM) viennent de voir le jour. Motivées par la publication prochaine du…

1 commentaire

  1. Quid du recyclage ?
    Que deviennent les trott cassées ? elles sont recyclés/valorisées? ça serait peut etre plus rentable que le remplacement meme si bien sûr la conception plus solide est importante

    Répondre

Laissez un commentaire

Pas d'inquiétude, votre adresse reste privée.