Garrett Miller : test d’un vélo électrique à la cool

Alex
Rédigé le 5 janvier 2019
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Avec sa ligne rétro, sa double selle et ses pneus larges, le Garrett Miller est une invitation à la balade, soutenue par le confort de l’électrique. Reste à savoir ce que vaut vraiment ce petit fat bike électrique au quotidien : les réponses dans notre essai complet du vélo électrique Garrett Miller.

Envie d’un vélo qui sorte des sentiers battus ? Le Garrett Miller marque en premier lieu par son design d’inspiration vintage, mais son niveau d’équipement est aussi censé en faire un VAE adapté à des usages quotidiens. Au programme ? Un moteur situé sur le moyeu arrière, une assistance déclinée selon 5 niveaux de puissance, une batterie amovible offrant plus de 50 Km d’autonomie théorique, un dérailleur 7 vitesses Shimano, des freins à disque, une selle biplace et des pneus larges de 20 pouces. Installez le tout sur un cadre en tubes d’alu kaki très foncé et vous obtenez ce vélo électrique original, lancé et distribué depuis le printemps 2018 par Weebot.

VAE Garrett Miller Weebot

Garrett Miller : design et présentations

Sur son site, la marque présente Garrett Miller comme un Américain expatrié en France qui aurait conçu le vélo électrique de ses rêves sur son temps libre. L’histoire est probablement inventée, mais elle a le mérite de proposer un cadre adapté aux sources d’inspiration ayant présidé au design du vélo. L’hommage le plus évident nous semble être rendu au scrambler popularisé par des constructeurs comme Ducati ou Yamaha : la moto de ville se fait cool, détendue et tout-terrain pour répondre aux aspirations des citadins fatigués du bitume urbain.

Quelle que soit l’interprétation retenue, le Garrett Miller a le mérite de se démarquer de la foule habituelle des VAE d’inspiration hollandaise ou des vélos électriques pliables déjà testés sur Gyronews comme le Fiido D1 ou le QiCycle EF1. La conception fat bike et le parti pris esthétique en font un engin un peu à part, similaire sur le principe au Super 73 développé depuis quelques années par Lithium Cycles.

VAE Garrett Miller profil

En dépit de l’impression de volume conférée par ses pneus larges et de sa grande selle, le Garrett Miller se révèle assez compact, avec seulement 170 cm de long. Le cadre est en aluminium avec une peinture uniforme qui s’étendu jusqu’aux garde-boues en métal, des soudures polies et plusieurs rappels du logo de la marque. La finesse des tubes contraste avec l’épaisseur des roues. La ligne générale garde ainsi une certaine légèreté, renforcée par le double cintre du guidon. Elle est revanche pénalisée par les nombreux câbles apparents, notamment celui qui va de la batterie au moteur.

VAE Garrett Miller comodo

Au guidon, on retrouve la manette du dérailleur 7 vitesses, les deux leviers de frein et un compteur LCD monochrome à grand écran. A gauche, un petit boîtier orné de boutons + et – permet de contrôler le niveau d’assistance offert par le moteur. L’arrière est marqué par une selle deux places positionnée très en retrait sur la roue, ce qui interdit logiquement tout recours à un porte-bagage. L’imposant bloc batteries (13 Ah en 48V, cellules Samsung) prend place dans un logement situé sous la selle. Les roues 20 pouces adoptent des pneus larges (4 pouces), ainsi qu’un frein à disque mécanique avant et arrière. Une petite béquille, le gros phare rond avant, un discret feu stop installé sur le logement de la batterie et, raffinement ultime, un porte-bidon installé sur le cadre complètent l’équipement.

VAE Garrett Miller poignée droite

Moteur, transmission et affichage

Sur les fiches produit, le moteur est donné pour une puissance nominale de 250W, ce qui place le Garrett Miller de la réglementation sur les VAE dépourvus de plaque. En inspectant l’engin de plus près, petite surprise : on découvre finalement un bloc 500W fourni par la maque chinoise Bafang dont la puissance a été donc été limitée pour convenir à la loi française.

Couple et puissance disponible revêtent une importance supplémentaire dans le cas d’un fat bike, dont les pneus larges et souvent peu gonflés induisent une résistance importante qu’il est difficile de faire oublier avec un moteur sous-dimensionné. Le Garrett Miller est heureusement équipé d’un moteur (référence RM G060.500.D au catalogue Bafang) pensé spécifiquement pour les beach cruisers et autres fat bikes. La transmission est quant à elle confiée à un très classique dérailleur d’entrée de gamme, le Shimano Tourney, ici accompagné d’une cassette à sept pignons (MFZ-TZ500-7, de 14 à 34 dents).

VAE Garrett Miller zoom pignons

Au guidon, l’affichage fait également office de module de réglage pour le moteur. On retrouve ici un standard de chez Bafang, l’écran C961 qui offre un rétroéclairage à intensité réglable et des caractères bien lisibles, notamment en plein jour. L’avantage de ce compteur générique, c’est qu’il est bien documenté : on peut donc facilement trouver comment modifier le nombre de niveaux d’assistance proposés (de 1 à 9, la valeur retenue par défaut ici étant à 5), fixer une limitation de vitesse ou régler l’heure. Tous ces composants sont par ailleurs très courants dans le monde du vélo électrique, et faciles à se procurer en cas de besoin.

VAE Garrett Miller compteur

Garrett Miller : en selle

L’absence de réglages peut surprendre au moment d’enfourcher le Garrett Miller : il est en effet impossible de modifier la hauteur de la selle puisque celle-ci est fixée directement sur le cadre. Le guidon étant lui aussi figé, c’est au pilote d’adapter sa position. Les plus grands iront naturellement se loger sur la moitié arrière de la selle, alors que les petits gabarits se tiendront plus sur l’avant. La selle arrive à environ 87 cm de haut et le cadre n’offre pas d’espace pour faire passer les jambes : le vélo n’est donc pas forcément très adapté aux personnes de moins de 160 cm.

En jouant sur la profondeur de la selle, l’assise est globalement confortable pour un adulte de taille moyenne, y compris sur de longs trajets, mais les plus de 190 cm auraient tout de même intérêt à vérifier qu’ils sont bien installés avant d’envisager un achat. Au passage, notons qu’on peut bien sûr s’asseoir à deux sur la selle, mais le confort s’en ressent. En définitive, on évitera de monter à deux adultes sur le vélo (donné pour 150 Kg max). En revanche, deux ados ou un adulte et un enfant pourront l’emprunter ensemble.

VAE Garrett Miller de face

Avec 29 Kg sur la balance, le vélo n’est pas franchement léger, mais ses dimensions compactes rendent les manipulations à l’arrêt relativement aisées. Un « mode piéton » permet par ailleurs de faire avancer automatiquement le vélo à 5 Km/h : il s’active en maintenant le bouton « – » enfoncé afin de circuler plus facilement aux côtés de son engin sur les trottoirs.

Balade confortable à 25 Km/h

Pour démarrer le vélo, il suffit d’actionner l’interrupteur situé sur la batterie puis de mettre le système sous tension à l’aide du bouton marche. L’assistance se fait sentir avant la fin du premier tour de pédalier, ce qui permet de rester sur le plus petit pignon dans la plupart des cas. En niveau 1 l’assistance est sensible jusqu’à environ 15 Km/h. La vitesse de pointe « assistée » augmente au fur et à mesure des niveaux pour culminer à environ 28 Km/h compteur dans le niveau le plus élevé. Il est possible d’aller plus vite, mais il faudra compter sur ses jambes ou profiter d’une descente.

VAE Garrett Miller selle et batterie

Les deux clés fournies permettent de verrouiller la batterie dans son logement

L’assistance est conforme à ce que l’on peut attendre d’un moteur situé sur la roue arrière : douce mais perceptible à la mise en route. Sur le petit pignon et en assistance maximale, la vitesse de croisière s’établit légèrement au-dessus de 25 Km/h sans effort excessif, même avec des pneus sous-gonflés. Les craintes liées aux roues larges ou au faible diamètre s’envolent : tant qu’il reste de la batterie, le Garrett Miller est un compagnon prévenant avec lequel on peut enchaîner les kilomètres, sans transpirer mais en forçant tout de même un minimum son souffle. On peut aussi rouler sans assistance en cas de besoin, mais l’effort à fournir rend la balade nettement moins agréable…

Une fois lancé, le vélo se révèle plutôt confortable. Les pneus larges garantissent une très bonne stabilité et le moteur se révèle largement assez puissant pour que l’on puisse rouler à moins de 2 bar de pression, ce qui permet aux roues d’absorber la plupart des défauts de la route. Elles compensent ainsi très bien l’absence de suspensions dédiées, qui alourdiraient le vélo et porteraient préjudice au design. Corollaire de ces grosses roues : le Garrett Miller s’accommode très bien des chemins, de la terre, du sable ou de l’herbe. Sa construction fat bike ne le prédestine pas vraiment à des usages sportifs de type VTT, mais le tout terrain n’est clairement pas un problème !

VAE Garrett Miller vue trois quart arrière

Le freinage se révèle quant à lui conforme à ce que l’on peut attendre de freins à disque à câble, c’est-à-dire correct sans être ébouriffant.

Autonomie et recharge

La batterie est constituée de cellules 18650 Samsung, assemblées de façon à fournir une capacité totale de 13 Ah sur 48V (soit 624 Wh). Les cellules et l’électronique associée sont intégrées dans un carénage de plastique noir qui dispose d’un interrupteur, d’un feu stop, d’un port de recharge à trois broches et d’un système de fixation. La batterie s’enfiche par l’arrière dans son logement dédié situé sous la selle. Une fois qu’elle est en place, on peut verrouiller la batterie au vélo grâce à la serrure située sur le côté (deux clés sont fournies). Principal intérêt de cette batterie amovible : il est possible de la recharger loin du vélo. On pourra donc laisser son engin au garage ou au sous-sol, et prendre avec soi la batterie et le chargeur dédié pour les alimenter au bureau ou au domicile.

VAE Garrett Miller selle arrière

Un témoin de charge permet de contrôler le niveau de batterie restant compteur éteint 

Weebot avance une autonomie théorique de l’ordre de 50 à 70 Km, mais les chiffres réels vont logiquement varier dans des proportions plus importantes en fonction du poids du pilote, des conditions de circulation et du niveau d’assistance retenu. Nous avons de notre côté parcouru plus de 35 Km sur une charge en roulant presque exclusivement avec l’assistance maximale sans vider entièrement la batterie, une performance honnête compte tenu de la capacité affichée et des contraintes mécaniques liées aux pneus larges. Le chargeur fourni (54,8V / 2A) permet de recharger la batterie en environ 6 heures.

VAE Garrett Miller batterie et interrupteur

Le connecteur de recharge pour la batterie et l’interrupteur prennent place sous la selle

Faute d’application mobile, la charge, la distance journalière et la distance totale se contrôlent directement sur le compteur.

Notre avis sur le Garrett Miller

Quelques mots de conclusion pour ce test du vélo électrique Garrett Miller ? L’argument phare de ce VAE, c’est bien sûr son look. Qu’on y voie une mob, un chopper ou une autre vieille bécane, rouler en Garrett Miller offre une touche très particulière qui risque fort de susciter la curiosité des autres cyclistes sur la route. A l’usage, le vélo se montre confortable et équilibré, aussi bien en termes d’assise que d’assistance au pédalage. Sur le plan technique, le tableau est plus mitigé avec un niveau d’équipement correct mais relativement ordinaire sur le marché des VAE, même si les moteurs Bafang ont plutôt bonne réputation en termes de fiabilité.

VAE Garrett Miller phare

La conclusion sera donc finalement conditionnée par deux facteurs : l’adhésion au concept général et le prix. Pour le premier point, on a été conquis par la ligne du Garrett Miller et on aime l’idée d’avoir un vélo original, confortable et passe-partout. Ça n’est clairement pas le vélo qu’on retiendrait pour un usage utilitaire et très urbain, mais on se verrait volontiers flâner à son guidon le week-end, en campagne ou en bord de mer. Le prix public se situe quant à lui aux alentours de 2500 euros, une somme élevée au regard de l’équipement proposé. Weebot affiche toutefois une promotion à 1890 euros qui rend le coup de cœur nettement plus raisonnable, d’autant que l’on peut abaisser encore le montant de la facture grâce aux différents bonus et aides en faveur de la mobilité électrique.

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