Test IPS i5 : la roue idéale pour le dernier kilomètre ?

Alex
Rédigé le 18 avril 2018
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Sortie au printemps dernier, la roue électrique IPS i5 affiche une vraie taille de guêpe : avec seulement 6 cm d’épaisseur et un poids d’environ 7,5 Kg, on peut sans difficulté l’emmener avec soi dans les magasins ou dans les transports en commun. En dépit de cette compacité rare, la gyroroue IPS i5 se présente également comme un véhicule électrique à la construction robuste, habillé par une coque en magnésium qui résiste bien aux outrages du quotidien. Elle est enfin censée rouler à 20 Km/h et délivrer une vingtaine de kilomètres d’autonomie. Sur le papier, la marque chinoise propose donc une roue idéale pour tous ceux qui rêvent d’un engin léger, pratique et passe-partout. En pratique, qu’en est-il vraiment ? Notre test confirme les nombreuses qualités de la roue électrique i5 d’IPS, mais il illustre aussi quelques-unes de ses carences. Suivez le guide !

Roue électrique IPS i5 : les présentations

Quand on a déjà côtoyé une roue électrique aux flancs rebondis, le premier contact avec l’i5 interpelle forcément. La dernière-née d’IPS adopte en effet un form factor qui n’a pas vraiment d’équivalent sur le marché, et sa finesse se ressent dès réception du carton d’emballage.

Une fois déballée, l’i5 révèle ses dimensions : environ 47 cm de haut, 36 cm de longueur et 6 cm de profondeur, avec une coque à la surface lisse, noire, tout juste rehaussée par un logo aux couleurs de la marque, deux démarcations en forme de croix et la forme arrondie des pédales. Tenue debout, la roue dissimule presque entièrement sa jante de 14 pouces et le pneu fin (1,5 pouce) qui l’accompagne. Ce carénage quasi intégral a deux mérites : protéger le pilote des éventuelles éclaboussures et… permettre de ranger la roue debout sans support, un très bon point !

roue électrique IPS i5

Sur la tranche, les coques sont traversées de vis à tête BTR qui maintiennent solidement l’ensemble et garantissent la protection contre les éclaboussures. A l’avant, on trouve un petit phare commandable depuis l’application mobile dédiée IPS. A l’arrière, un éclairage rouge fait office de feu stop, en s’illuminant de façon plus intense pendant les phases de freinage.

Au sommet de la roue, une simple poignée construite comme un prolongement de la coque permet la prise en main. Il n’y a ni trolley, ni manche repliable, mais le parti pris ne pose pas vraiment de problème : avec seulement 7,5 Kg, la roue d’IPS est facile à porter d’une main. Le bouton de mise en marche se situe sur la partie gauche de la poignée. Une simple pression allume ou éteint la roue. Autant s’habituer rapidement à son emplacement, puisque la roue ne dispose pas de coupe-circuit : il est donc impératif de l’éteindre avant de la soulever pour éviter que ne retentissent des bips stridents et que la roue ne s’emballe. À l’usage, le coupe-circuit fait vraiment défaut : comme nous le verrons plus tard, l’IPS i5 demande en effet régulièrement à être portée.

poignée roue électrique IPS I5

De l’autre côté de la poignée, on trouve sur l’arrière l’embout de recharge électrique, protégé par un capuchon métallique à vis. L’idée est originale : on rencontre en effet le plus souvent des capuchons en caoutchouc. Si l’on apprécie la protection sans faille de ce drôle de bouchon, il se révèle tout de même pénible à l’usage avec sa bride de maintien qui gêne les opérations de vissage ou de dévissage.

Sur la jante, on trouve une protection du même cru au niveau de la valve : bien que cette dernière soit déjà bien abritée par la structure même de la roue, son accès est défendu par un capuchon en plastique lui-même fixé par une vis. Il faudra donc se munir d’une rallonge de valve – comme sur de nombreuses roues électriques – mais aussi d’un tournevis cruciforme pour regonfler sa roue, ce qui peut se révéler un peu agaçant au quotidien pour maintenir les 3 – 4 bars conseillés par IPS.

gyroroue IPS i5 bouchon cable secteur

IPS i5 : premiers tours de roue

Une fois chargée (environ 2h30 pour un cycle complet) et dûment gonflée, la gyroroue est prête à l’emploi : vient donc le moment de déplier les pédales et de se lancer. Premier contact avec les pédales, soulignées par deux bandes rouges : elles sont de petites dimensions (20 cm de long, 12 cm de large) et situées plutôt près du sol (11 cm environ). Très vite, on s’élance : la stabilisation est très efficace à basse vitesse, et le petit gabarit fait que l’on s’installe sans difficulté pour ses premiers tours de roue.

Il faut ensuite trouver comment s’installer confortablement. Ici, la finesse extrême de la roue oblige à quelques adaptations, d’autant que la coque ne présente aucun coussin de protection. Pour une conduite agréable, il va donc falloir écarter légèrement les pieds jusqu’à ne plus toucher le corps de la roue et éviter le contact potentiellement douloureux avec ses parois rigides. Une fois installé, pas de mauvaise surprise : la roue répond instantanément aux sollicitations.

À vitesse modérée, elle se montre même particulièrement joueuse : après quelques minutes pour prendre ses marques, on se prend à enchaîner les boucles et les virages serrés pour le plaisir de la glisse. Les trottoirs des boulevards, les rues piétonnes et de façon générale les grandes étendues de bitume qui se prêtent au slalom entre les passants sont de fait le terrain de jeu de prédilection de cette roue électrique.

pédale IPS i5

De notre point de vue, c’est précisément sur ces manœuvres ludiques, à vitesse lente ou modérée, que l’i5 est la plus amusante à conduire. Les 350W (puissance nominale) du moteur suffisent largement aux accélérations et aux freinages, et l’on profite au maximum de l’excellente maniabilité offerte par le pneu fin. L’ensemble invite d’ailleurs rapidement aux excentricités et aux figures inspirées du freestyle : pour rouler à un pied ou s’initier à la marche arrière, l’i5 est une excellente alliée. Au passage, on apprécie son silence : le moteur est quasiment inaudible, tout juste un léger sifflement même à pleine vitesse !

Ni grande routière, ni grande sportive

Quand il s’agit de trajets plus longs, le constat est plus mitigé. En ligne droite, on atteint très vite les 19- 20 Km/h, allure au-delà de laquelle les pédales commencent à ramener le pilote vers l’arrière pour le freiner (tiltback). Pour un wheeler un minimum aguerri, cette vitesse de pointe aura très vite un goût de trop peu, surtout si la roue est utilisée pour des trajets à vocation utilitaire de type domicilie / travail. Ce point est d’autant plus gênant que la roue d’IPS se montre moins efficace à sa vitesse max.

Essayons de préciser notre sentiment. L’i5 est stable, rassurante et pas particulièrement inconfortable une fois que l’on a pris l’habitude d’écarter les pieds de quelques centimètres. Elle n’a pas de défaut rédhibitoire pour faire de la route : c’est juste qu’il y a mieux chez la concurrence à budget équivalent, comme la Ninebot One E+. En revanche, le poids, l’encombrement et la maniabilité ne seront pas au même niveau. Dit autrement, ce qui fait la force de la roue d’IPS fait aussi ses principaux défauts, c’est assez logique ! Le moteur est un peu à l’avenant du constat qui précède. Avec ses 350W, il autorise une bonne maniabilité, mais les reprises et les freinages d’urgence pâtissent de cette puissance limitée.

marque coque IPS i5

À l’usage, on découvre un autre défaut lié à la conception de la roue : sa très faible garde au sol rend difficile tout franchissement d’obstacle de plus de 4 centimètres de haut. On l’a dit plus haut, la coque descend très bas, jusqu’à quasiment englober la roue. Cette excellente protection contre les flaques ou les projections de boue n’offre qu’une très faible marge de manœuvre au pneu lorsqu’il s’agit de grimper un trottoir ou en descendre. Dans les faits, on se limitera aux bateaux légèrement ensablés ou aux passages qui sont vraiment à niveau, puisque la coque touche au moindre relief un peu prononcé. Pour passer, il faut donc descendre de la roue, saisir la poignée, appuyer sur le bouton marche, franchir le trottoir puis reposer l’engin à terre et repartir. Avec l’habitude, le geste devient fluide, mais il risque de devenir franchement répétitif sur certains itinéraires urbains. Au passage, la roue électrique d’IPS passe très bien sur les chemins en terre ou les gravillons qu’on trouve dans les parcs en ville, mais elle montre assez rapidement ses limites en véritable tout terrain.

pneu IPS i5

Une appli mobile qui va à l’essentiel

Pour les réglages et les informations sur la conduite, direction l’application mobile compagnon des roues IPS. Baptisée « I Am IPS », elle est très mal référencée sur les Stores, mais on la trouve tout de même en versions iOS et Android (téléchargement direct d’un apk) via le site du constructeur.

La communication avec la roue s’établit en Bluetooth. Au chargement, l’application détecte tous les périphériques avoisinants, dont la roue dès qu’elle est allumée. La liaison est quasi instantanée, et l’on arrive sur un écran d’information basique mais très clair avec compteur de vitesse, distance parcourue et bouton pour allumer ou étendre les phares.

Application mobile roue électrique I Am IPSLa roue ne propose que deux modes de conduite baptisés Confort et Sport. C’est le second qui confère la meilleure réactivité à la roue, sans que le premier n’augmente véritablement le confort. On peut toutefois lui trouver un intérêt pour l’apprentissage.

Outre le réglage de la balance, on accède enfin via l’onglet Settings aux informations liées à la batterie 245 Wh, ainsi qu’aux éventuelles mises à jour logicielles (firmware, BMS et liaison Bluetooth). Bien qu’un onglet invite à partager des contenus sur Weibo, l’application d’IPS a le mérite d’aller à l’essentiel et de ne pas noyer l’utilisateur sous des fonctions à vocation prétendument sociales.

Settings application IPS

Avis IPS i5 : taillée pour les déplacements courts

Après quelques jours passés en sa compagnie, comment conclure ce test de la roue électrique IPS i5 ? Là où la plupart des marques adoptent des châssis semblables et cherchent à se démarquer sur la puissance moteur, l’autonomie ou les fonctions annexes, IPS a le mérite d’aller chercher une proposition de valeur vraiment originale : celle d’une roue suffisamment fine et légère pour qu’on puisse la rentrer dans un sac à dos en dépit de son diamètre de 14 pouces ! Inutile de chercher un trolley ou de pester face à une volée d’escaliers : l’i5 se porte sans trop de difficultés, y compris dans le bus, le métro ou l’ascenseur. Le seul problème à ce niveau, c’est bien sûr l’absence de coupe-circuit, d’autant que la roue a parfois tendance à planter quand elle s’emballe. Il faut alors supporter ses bips horripilants et attendre quelques secondes avant de la redémarrer.

phare roue IPS i5

Un tel poids plume ne s’atteint cependant pas sans compromis : la roue d’IPS souffre donc d’une autonomie un peu limite (20 Km au grand maximum) et d’un moteur un peu léger. Elle propose en revanche une construction étonnamment robuste pour de telles mensurations. L’i5 ne redoute ni les chocs (attention tout de même aux rayures), ni les intempéries. Sa coque presque intégrale assure une très bonne protection mais là encore, le gain se fait au prix de quelques inconvénients à commencer par une capacité de franchissement très limitée. Enfin, sa maniabilité et sa souplesse lui confèrent un comportement très joueur à basse et moyenne vitesse.

En définitive, l’IPS i5 incarne pour nous la parfaite roue du « dernière kilomètre », c’est-à-dire un véhicule complémentaire d’autres moyens de transport que l’on n’utilisera que sur des portions bien précises des trajets du quotidien. En région parisienne, ce serait par exemple une bonne roue à utiliser pour aller jusqu’à sa gare de RER, puis de la station de métro à son travail. Le week-end, elle est également une excellente alliée pour les promenades au soleil… du moins tant que vous n’avez pas trop d’obstacles à franchir !

En résumé, on aime :

– La maniabilité
– La compacité
– La qualité de fabrication

On aime moins :

– l’absence de coupe-circuit
– l’autonomie et la puissance moteur un peu limite.

IPS i5 : prix et disponibilité

Sortie au printemps 2017, l’i5 est assez largement disponible, notamment chez les enseignes spécialisées de la mobilité électrique. Mobility Urban, qui nous a prêté cet exemplaire de test, la référence par exemple à 799 euros. Elle apparaît aussi sur les marketplaces de grands revendeurs généralistes, comme ici chez Amazon à 649 euros.

En France, on la rencontre le plus souvent en noir, mais elle existe aussi en coloris nettement plus flashy. Notez que nous parlons dans cet article de la version 245 Wh de l’IPS i5. Il existe aussi une variante 167 Wh que nous vous conseillons d’éviter du fait d’une autonomie encore moins élevée.

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