Test gyroroue Ninebot One E+ : la valeur sure pour débuter

Alex
Rédigé le 6 mars 2017
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Sortie en 2015, la One E+ de Ninebot fait certainement partie des gyroroues les mieux identifiées en France, en grande partie grâce à l’important réseau mis en place par le distributeur de la marque pour la France. Lancée à 999 euros, la One E+ est aujourd’hui référencée  à 599 euros dans la plupart des enseignes, ce qui en fait sur le papier un excellent rapport qualité prix. Que vaut vraiment cette roue 16 pouces reconnaissable à sa robe blanche et à ses bandes de LED colorées ? La réponse de Gyronews.

En France, les produits Ninebot by Segway sont (normalement) l’exclusivité du distributeur BigRobots, qui a réussi à les placer chez la plupart des grandes surfaces spécialisées, de la Fnac à Boulanger en passant par Amazon. Pour faire de la place à la roue One S2 (14 pouces) lancée en 2016, le distributeur a pris le parti de baisser le prix de son précédent modèle phare, la One E+, qui se trouve désormais positionnée de façon très avantageuse face à la concurrence des Gotway, Kingsong et consorts. En attendant un éventuel successeur (la One S3 ?), nous avons pris le parti de revenir sur ce modèle bien éprouvé, qui nous servira donc à étrenner la rubrique Tests de Gyronews !

gyroroue Ninebot One E+ dessus

One E+ : carte d’identité et premier contact

Ninebot nous propose ici une roue bien assemblée, avec des éléments et des plastiques qui ne bougent pas. Le look est devenu caractéristique de la marque, avec des carénages blancs ornés d’un cercle noir, au sein duquel est installé un arceau de LED colorées. La tranche est noire, tout juste ornée d’un petit insert bleu au niveau de la poignée. A l’avant, protégé par les parois, le bouton rouge qui sert à l’allumage et à l’extinction. A peu près au même niveau sur l’arrière, on trouve le petit capuchon qui protège la prise secteur de recharge.

Avec environ 14 Kg sur la balance, la One E+ n’est pas tout fait un poids plume. C’est le prix à payer pour le format 16 pouces (40,64 cm), avec une jante en alu, un pneu 16 x 19,95, une batterie lithium-ion 320 Wh (à base d’accumulateurs LG) et une puissance moteur de 500W linéaires et jusqu’à 1500W en crête. Elle est donnée pour une charge maximale de 120 Kg et une capacité de franchissement allant jusqu’à 30° d’inclinaison.

gyroroue Ninebot One E+ côté

L’ensemble respire globalement la qualité. On apprécie notamment la robustesse des pédales qui n’ont pas bougé sur notre exemplaire en dépit de quelques chutes pas tendres, ainsi que les « coussins » sur lesquelles on viendra appuyer ses jambes en déplacement. En revanche, la belle robe blanche a rapidement tendance à se salir. Après quelques jours sans toilette, la roue tourne rapidement au gris ou au jaune. Un bon nettoyage permet de récupérer la plupart des taches, mais à l’usage, le blanc perdra fatalement de sa superbe. Pour la recharge, Ninebot propose un imposant bloc secteur avec transformateur, blanc lui aussi, doté d’une prise avec terre. Un petit voyant rouge passe au vert quand la recharge est achevée.

Livrée avec deux rouleaux de mousse de protection destinés à l’apprentissage, la roue est aussi accompagnée d’une rallonge métallique d’environ 10 cm permettant d’accéder à la valve de la chambre à air.

gyroroue Ninebot One E+ valve pneu

Premiers tours de roue : confort et agrément

Ninebot vante la nervosité de son moteur et les algorithmes qui régissent le comportement de son monocycle. Dans les faits, la One E+ se révèle une gyroroue confortable et particulièrement simple à appréhender. Très stable à basse vitesse, elle répond vite et bien aux sollicitations, et permet d’envisager aussi bien des grands mouvements fluides que des petits virages resserrés. La bonne garde au sol inhérente au format 16 pouces offre de vraies capacités de franchissement, qu’il s’agisse de terrain accidentés ou de passer des trottoirs avec des bateaux mal dessinés. Attention en cas d’intempéries, il n’y a pas de garde-boue et l’on aura vite fait de projeter de l’eau jusqu’aux cale-pieds en cas de passage dans des flaques.

Via l’application mobile compagnon (iOS ou Android, connexion en Bluetooth), on pourra régler la sensibilité du mécanisme gyroscopique. Défini par défaut à 3, il permet de rendre la roue plus réactive (en allant vers 0) ou au contraire de proposer une très légère latence (en allant vers le réglage max, 9) qui assouplit la conduite et la rend certainement moins fatigante sur la les longues distances.

Les amateurs d’accélérations franches atteindront très rapidement la vitesse de pointe, annoncée à 22,5 Km/h. En pratique, on peut frôler les 25 Km/h avant que le frein automatique ne ramène vers l’arrière. Ce tilt back semble plutôt bien géré, mieux que sur certains modèles concurrents : le plus souvent, il est doux, et ralentit progressivement l’utilisateur sans la moindre sensation d’à-coup. Il peut cependant arriver que la réponse se fasse un peu plus brusque quand l’algorithme détecte une accélération trop importante. Le fait que cette réponse ne soit pas purement linéaire apparaît clairement comme un plus, et facilite la prise en main de la roue.

application ninebot iOS

Le tilt back est accompagné d’une série de bips assez discrets (voire franchement inaudibles dans une rue passante), et déclenche une vibration du téléphone si la liaison Bluetooth est active.

Deux déceptions tout de même niveau confort. Primo, il faut impérativement penser à couper le contact avant de soulever la monoroue du sol (franchir un trottoir élevé par exemple), au risque de la voir s’emballer. Secundo, la One E+ aurait sérieusement mérité une poignée de transport de série : Ninebot propose bien un bras télescopique (parfois appelé trolley) pour ce modèle mais il est en option, et facturé au prix fort. Notons que la One S2 de la même marque (non testée par nos soins) corrige ces deux défauts.

Performances, autonomie et temps de charge

Ninebot a fait le choix de ne pas prendre de risque avec les aspects réglementaires en plafonnant sa roue à 25 Km/h, même si le moteur électrique de la One E+ est sans doute capable d’un peu plus. La démarche présente cependant l’intérêt de conserver une roue dynamique et des accélérations correctes sur toute la plage de vitesse. Le freinage, associé à un mécanisme de récupération de l’énergie, ne manque lui non plus pas de mordant.

Les grands gabarits (poids supérieur à 90 Kg) risquent toutefois de trouver un peu justes les 500W du moteur. Cette puissance convient bien pour une conduite urbaine et pour un passager aux mensurations modestes, mais elle limite un peu les reprises ou la capacité à compenser un obstacle dès que la charge est plus importante.

La marque parle d’une autonomie de l’ordre de 30 à 35 Km. Pour nous, la réalité se situe plutôt aux alentours de 28 Km réels, sachant que nos tests ont été effectués par un pilote d’environ 70 Kg, avec des températures de l’ordre de 10 – 12 degrés, principalement en ville, sans dénivelés importants. On rappelle ici que le poids du wheeler est un des éléments prépondérants dans la durée de vie de la batterie, très sensible également au froid.

Lorsque la roue électrique atteint 20% de batterie restante, elle passe par défaut dans un mode « limité » qui empêche de dépasser les 10 Km/h. Un comportement quelque peu frustrant, mais qui a le mérite de prolonger l’autonomie sur les derniers kilomètres. La recharge se fait en un peu moins de 4h lorsque la batterie est vide. A mi-parcours (50% disponibles), on retrouve la pleine autonomie en un peu moins de 2h.

gyroroue Ninebot One E+ arrière

Avant de partir, on prendra aussi soin de vérifier la pression du pneu. Gonflée à 3,5 bars, notre E+ a en effet tendance à se dégonfler rapidement, que l’on s’en serve activement ou qu’elle soit laissée au repos, or son comportement routier change vraiment avec la pression : à 2,2 bars, pression atteinte en trois semaines, elle devient nettement moins précise…

Application mobile et loupiotes colorées

L’appairage avec le téléphone mobile se fait très simplement. On découvre toutefois rapidement que l’application Ninebot n’est d’aucune utilité lorsque la roue n’est pas allumée. Ça n’est pas forcément très gênant lorsqu’on conduit, mais c’est agaçant de devoir allumer sa roue lorsqu’on souhaite juste consulter le niveau de la batterie ou le kilométrage du véhicule qui pourraient simplement être mis en cache.

application ninebot iOS

Pour le reste, l’application s’ouvre sur une jauge de vitesse en forme de cadran, affiche l’autonomie restante en Km, et donne accès aux quelques options dont la sensibilité évoquée plus haut ou le réglage de l’assiette (équilibrage). Pour les amateurs, elle offre aussi tout un éventail de couleurs pour animer les deux rubans de LED qui ornent la roue. Enfin, elle dispose d’un volet social bien pensé, mais apparemment peu utilisé par les wheelers français et entaché de quelques bugs. Bref, l’appli fait le boulot, mais elle ne révolutionne pas précisément le genre.

Au final et face à une concurrence en termes de transports urbains qui s’intensifie, c’est aussi le bilan qui nous vient à l’esprit pour la One E+ : une bonne roue, qui fait bien le job. Elle n’est pas la plus joueuse (handicapée par son poids), elle  n’est pas la plus autonome, elle n’est pas la plus rapide. En revanche, elle est fiable, confortable, facile à prendre en main, et bien assez nerveuse pour que l’on puisse vraiment s’amuser avec : idéal pour s’initier à la gyroroue !

A 599 euros chez Amazon, le rapport qualité prix nous parait excellent, d’autant que Ninebot dispose d’une représentation français et promet une garantie de deux ans (six mois pour la batterie), qui sera plus facile à exercer qu’avec un moyen de locomotion acheté sur une plateforme chinoise…

 

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1 commentaire

  1. Petite correction: la one S2 corrige qu’un des défauts à savoir la poignée coupe-circuit qui est désormais présente. Côté trolley par contre, la one S2 n’en a pas.

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